Chronique – Septembre 2014

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Le travail en soins palliatifs consiste en une philosophie dans le contexte d’une approche globale envers la personne en fin de vie et ses proches. Prendre soin de la douleur physique tout en considérant cette douleur et la souffrance comme un tout.

J’ai le privilège d’y travailler depuis 12 ans déjà. Je suis maintenant à l’approche d’une fin de carrière. J’ai toujours aimé ma profession comme infirmière auxiliaire, mon expérience de plus de 20 ans en psychiatrie me donnait grande satisfaction. Aucun regret. J’avais toutefois toujours maintenu le souhait que je vivrais aussi l’expérience de travailler en soins palliatifs. Alors je touche bel et bien à ce rêve depuis.

À travers notre site, je suis ouverte à vos questions. Entre autres la plus courante à savoir si le travail est déprimant. Je vous dirai non, et dans un autre texte j’aborderai le sujet de façon plus précise.

Accompagner une personne en fin de vie, nous amène parfois à se sentir démuni devant l’inévitable. Rejoindre cette personne, connaître ses questionnements, ses doutes, sa quiétude, parfois difficile à y trouver les mots justes.

C’est pourquoi, à travers une expérience personnelle, en découvrant la beauté du rêve, son importance, prendre le temps d’en prendre soin, j’ai pensé faire un parallèle avec la personne en fin de vie. Je me demandais bien certain si la personne en fin de vie rêvait, est-ce que la médication pouvait avoir une influence dans ses scénarios oniriques, également à quoi pouvait ressembler le contenu du rêve? Des questions où progressivement j’ai trouvé des réponses, étant au quotidien en contact avec ces personnes qui se préparent à cette grande traversée. Suffisait de simplement poser la question suivante : «Est-ce que vous rêvez?». À ma grande surprise, il y a eu ce premier rêve de Mme Juliette, qui se retrouve dans un autobus jaune et qui se pose 2 questions : «Est-ce que je vais savoir quand débarquer. Est-ce que quelqu’un va me le dire?» Elle venait ainsi de m’ouvrir la porte pour mieux continuer à développer mon intérêt dans ce milieu bien spécifique de l’importance de prendre le temps d’écouter le rêve chez une personne en fin de vie et de faire connaître de plus en plus cet outil d’accompagnement dans le réseau des soins palliatifs.

Une fois de plus, le rêve appartient au rêveur. Le contenu du scénario, les métaphores reflètent ce qu’il ressent à ce moment, dans son ici et maintenant. L’émotion ressentie à la fin du rêve est en lien direct avec son vécu, d’où l’importance de savoir l’écouter, ne pas chercher l’interprétation. Bien que certains symboles peuvent fournir des pistes d’accompagnement. Étonnant comment le rêveur y trouve sa réponse. L’essentiel, et je considère qu’avec le sentiment identifié, je peux dès lors mieux me situer dans cette période d’accompagnement.

Je reviendrai à nouveau échanger un peu de mon expérience du rêve chez la personne en fin de vie, combien cet outil favorise l’information, l’ouverture à la communication et une possibilité de partage.

Beaux et bons rêves,
Monique Séguin

 

Auteur :Nicole Gratton

Membre de l’IASD depuis 1999 et auteure de 15 livres, Nicole est directrice de l’École internationale de Rêves fondée en 1992. Elle donne des conférences depuis plus de 30 ans (Paris, Copenhague, Boston, San Francisco, Berkeley, Chicago, etc.). Sa première carrière en tant que technologue en imagerie médicale a duré 24 ans. La passion des rêves l’a conduite à devenir coach en Art de rêver (www.ArtdeRever.com).

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